Népal et religions

Nous avions tous lu que la populations népalaise était constituée d'hindouistes et de bouddhistes, les autres religions ne représentant qu'une part infime (2 à 3 % pour chacun des cultes musulman et chrétien par exemple).

Nous avons été assez surpris, lors de notre arrivée à Deurali, de voir une petite fille qui portait un pendentif en forme de croix. Un peu plus haut, les enfants de l'école qui nous ont si bien accueillis étaient rangés devant le mur de tôle d'une assez grande bâtisse, ornée d'une croix scotchée sur une partie de ce mur.

L'estrade couverte d'une bâche qui accueillait les réunions et servait aussi de lieu de restauration se trouve juste au-delà du portique fleuri, sur l'esplanade au-dessus des collines.

Britta Man (le chef du village, qui nous a accueillis) nous a expliqué que le village comptait plus d'une centaine de chrétiens, sur environ 360 habitants, les premiers convertis l'ayant été il ya une vingtaine d'années. Mon Bahadur nous a été présenté comme le pasteur (protestant, avons nous pensé. Mais c'est un terme semble t il employé de manière générique ici).

* Man = grand et Bahadur= fort

Ashok nous a confirmé que le Népal est un pays laïc, contrairement à ce que souhaitait son grand voisin indien (et une partie conservatrice des politiques qui souhaitaient que le caractère hindouiste figure dans la nouvelle constitution). Cependant, selon Sailendra, les statistiques fournies datent vraiment, et tous deux pensent que les chrétiens sont plus nombreux.

Organisations religieuses et missions

Ils citaient les églises américaines, riches et très actives, qui interviennent surtout dans les régions isolées et pauvres, les milieux de basses castes, un peu à l'image de la zone que nous avons visitée. C'était sans doute le cas du groupe que nous avons rencontré un peu plus loin, à Swaragaon : nous prenions un thé sous la véranda de la maison de Tula

Ce jeune homme, qui s'est invité à notre table , s'est présenté à nous, et a accepté sans autre façon le thé qui lui était proposé par Vichnou, l'épouse de Tula. Nous lui avons quand même présenté celui-ci, qui venait d'arriver, il s'est contenté d'un acquiescement. Il venait du Texas, avait effectué le tour du Manaslu avec sa « NGO » nous a t-il dit : lui et 12 autres jeunes étaient accompagnés (encadrés?) par une ou 2 personnes que nous n'avons pas rencontrées, ils ont visité des villages et écoles et ont apporté leur aide ponctuellement, selon notre visiteur texan. Nous les avons vus au travail, ils faisaient la chaîne et déplaçaient un tas de pierres (lauzes tombées lors du séisme) pour reconstruire un muretin.

Cette rencontre nous a laissé un sentiment de gène : amener ainsi un groupe dans ce pays meurtri, pour parcourir un circuit et « donner un coup de main de temps en temps » nous paraissait très superficiel, à moins d'avoir d'autres intentions… Ce qui serait assez navrant.

De nombreuses communautés seraient ainsi converties. Certes, le peuple népalais est souvent cité pour sa capacité à s'adapter et absorber les nouveaux venus, ou les nouveautés. De l'autre côté de la frontière, le parti de M. Modi souhaite transformer l'Inde en pays hindouiste. On peut être un peu inquiet, dans une région qui était restée à l'écart de ces conflits religieux, la Birmanie glissant aussi vers la ségrégation.

Nos hôtes nous ont cependant précisé que l'augmentation du nombre de chrétiens dans ces villages s'accompagnait d'une baisse de la consommation d'alcool et de la violence, surtout celle faites aux femmes.

C'est effectivement l'une des demandes portées par les représentantes du comité des femmes, Jhul Maya, Juthe Thapa (toutes 2 Magar) et Sansari (Gurung) lors d'une des réunions à Deurali.

Activités des "NGO"

A Swaragaon, d'autres organisations aux buts bien définis oeuvrent déjà depuis quelques temps, en construisant une maison pour accueillir les malvoyants, certains membres de l'ethnie Magar étant surtout touchés à divers degrés. C'est un Népalais qui est à l'origine de l'association Newa.

Ou en réalisant, au-dessus de l'école, un bâtiment destiné aux orphelins et enfants de familles très pauvres.

Là, il s'agit d'une association autrichienne. Dans le bus qui nous conduisait de Katmandou à Arkhet, voyageaient aussi 4 grosses et lourdes batteries solaires. Nous les avons retrouvées dans un bâtiment provisoire près de ce chantier. Le souvenir de l'effort fourni par l'aide-conducteur pour les entasser dans le couloir centra, laisse à penser que le transport a été effectué par mules pour les 3h d'escalade vers le village. Au matin de notre dernière journée, nous avons vu monter 2 trekkers, par ce même chemin : un couple d'Allemands, de Bavière ont ils dit, qu venaient mettre en place ce matériel, après avoir effectué unn trek dans les Annapurna. Leur voyage leur permettait d'associer loisir et aide à leur asso, ils ne s'en cachaient pas.

Plus haut, ce sont les rotations des hélicos du PAM (Programme Alimentaire Mondial) qui livrent sans doute du riz. Nous avons assisté aussi à des distributions par l'UNICEF, Save The Children (tôles etc.). Le district (la région) a distribué de nombreuses bâches bleues, celles de l'UNICEF sont blanches, il ya aussi des oranges. Dommage qu'il manque les fils de nylon, ou cordes solides pour arrimer tout cela. Le vent de mars risque d'en arracher une partie.

Parfois, sur les pistes où cahote le bus, on croise des 4X4 siglés UN, et à Gorkha, nous avons vu un superbe SUV bien clinquant, qui fait douter du message qu'il affiche.

Nous avons eu beaucoup d'infos à propos de nombreuses initiatives, anciennes ou récentes, individuelles ou menées par de petites ou grosses associations.

À nous d'apporter notre pierre, ou plutôt celles qui sont déjà là (coût du transport de matériaux), pour mener ces projets.