Durant ces quelques jours, nous avons échangé avec beaucoup de gens dans les villages , et animé des réunions auxquelles ont participé la plupart des personnes concernées par le thème de l'éducation.

Les besoins recensés sont clairement la reconstruction de l'école de Deurali-Bandelgund (mais aussi celle de Thanti, encore plus mal lotie), l'amélioration des conditions d'enseignement, pour l'enseignant comme pour les élèves (nos quelques cahiers ou stylos sont un peu dérisoires en la circonstance), et la mise en place d'un hébergement dans le village de Swaragaon pour la poursuite des études au-delà de la classe 4 (9 ans dans les conditions normales de scolarité).

Les débats au village ont certes soulevé les 2 premiers problèmes, mais le dernier projet a aussi obtenu l'aval de tous : la reconstruction n'est pas à l'ordre du jour pour notre association (directives gouvernementales en attente, programme UNESCO..), même si l'on peut apporter quelques améliorations à l'installation actuelle.

Quelques élèves prennent quotidiennement le chemin du village à Swaragaon, et retour, mais les éboulements et effondrements le rendent encore moins praticable, même en cette saison sèche, nous avons pu vérifier que c'était une véritable épreuve (et nous avons seulement testé la descente…).

Les chefs du village préparent le chevreau, avant la réunion...

La rencontre au collège de Swaragaon à laquelle participaient le principal et l'intendant (nous avons discuté avec les enseignants ensuite) a abouti à la même conclusion, ce sont d'ailleurs eux-mêmes qui nous ont proposé immédiatement l'idée d'un hébergement pour les élèves des villages éloignés. Ils soulignent la nécessité d'améliorer les conditions d'enseignement dans ces écoles distantes, avec lesquelles ils sont en relation et à qui ils apportent quelques soutiens en matériel, bien qu'ils soient eux-mêmes assez mal pourvus.

Le bilan réalisé à notre retour à Katmandou aboutit au même consensus. Nous avons tenté, Ashok, Sailendra et nous trois, de recenser les ressources (personnes compétentes, outillage, forêt communale etc.), définir l'organisation localement (comité de pîlotage, contact pour notre association, responsables des chantiers), évaluer les modes de construction compatibles : nous avons pu visiter 2 chantiers en cours dans Swaragaon (quantité relativement importante de béton et ferraille), et avons appris par exemple que le coût du transport de 3 litres de sable (de rivière) était de 40 roupies (40c), que la situation actuelle (reconstruction, blocus) a fait grimper le coût des matériaux etc.

Vers 11h, Ashok prend son mobile et nous annonce quelques secondes plus tard que nous avons rendez-vous à 14h 30 avec le cousin architecte de Sailendra, bon connaisseur du problème.

Effectivement, puisque Rupendra1 prend son portable et ouvre une présentation qui s'avère être celle qu'il a préparée pour le gouvernement en tant que conseil, et nous le voyons également en position de formateur sur des chantiers. Pour nous, c'est un peu irréel !

Il va pourtant nous consacrer 3 heures, en proposant une technique de construction anti-sismique adaptée, qui utilise au maximum les ressources locales (bois, pierre…) pour éviter les coûts d'achat de matériau et de portage, tout en conservant le principe du chaînage, ou ceinturage vertical et horizontale, la masse globale des murs étant répartie en couches indépendantes. Et surtout en privilégiant la solidité des liaisons. Il nous a même donné une copie de sa présentation, avant de passer à la photo souvenir.

Il nous reste à travailler sur ce modèle de construction.