Deurali-Bandelgund, puisque c'est en fait un seul village, composé de plusieurs groupes d'habitations sur plusieurs centaines de mètres de dénivelé.



Nous avons tous trois eu l'impression d'avoir quitté ces villages pour un autre monde. Là-bas, une harmonie, un calme, là où pourtant chacun s'active à longueur de journée, à l'image de Santari :
elle s'occupe des ses enfants, de son petit commerce (l'épicerie du village), puis mène son troupeau (vaches, bœufs, chèvres) sur les terrasses. Et toujours avec un grand sourire, une envie incroyable de communiquer, par des gestes, des mots qu'elle veut nous inculquer. Et elle est très convaincante. Elle nous a mimé ce 25 avril, lorsque le séisme l'a surprise dans la maison, le bruit, la panique, c'était saisissant!

La plupart des villageois sont à cette image, affichent une belle prestance et s'activent tranquillement : il faut dire que l'on grimpe et porte à longueur de journée. Suk Bahadur, ancien chef du comité scolaire du village de Deurali-Bandelgund, en est un autre exemple :il nous a accompagnés une partie du parcours (abrupt) menant à son village. Il portait avec aisance une charge de près de 20 kg dans son « doko » (panier de bambou). Il nous a dit ensuite avoir 72 ans. Son successeur, également chef du village, est Brittaman Gurung, c'est aussi un personnage très affable, toujours prêt à plaisanter et surtout doté d'une énergie qui semble inépuisable, il nous a pris en charge durant notre présence et ne nous a pas laissé beaucoup de temps libre : pour nous montrer l'importance du moulin à farine, il nous a précisé que c'étaient les femmes qui assuraient cette tâche, toujours le soir après les travaux des champs, la cuisine, et il nous a remarquablement mimé la femme qui tourne le manche de la meule pour écraser les grains de maïs ou millet, et qui, de fatigue, vient cogner ce manche de son front.

Tous ont participé aux différents débats, sans oublier les chants et danses.

Le retour en «bus local » vers la ville (Gorkha) n'a pas tout à fait rompu le charme, car même à 60 pour 24 sièges (petits…), dans les cahots et les virages incessants, pendant 5 heures, c'est la courtoisie et le sourire qui s'imposent.

Cette gentillesse existe aussi à Gorkha ou Pokhara, elle est cependant moins évidente dans la cohue, les difficultés causées par les conséquences du séisme, et surtout du blocus à la frontière indienne, manque de carburant (véhicules mais aussi cuisine), d'énergie. Nous avons vu, dans les villes traversées, beaucoup d'arbres coupés, que des gens débitaient pour les ramener à leur domicile, pour pouvoir se préparer un repas.

L'influence de la ville se ressent dans l'habillement, le noir et le gris prenant le pas sur les rouges, orange, parme ou jaunes que portent les villageoises surtout.

Physiquement, les citadins nous semblent avoir perdu la sveltesse de leurs voisins des montagnes, il faut cependant signaler que les communautés montagnardes sont constituées des ethnies gurung et magar, alors que les habitants des villes offrent une plus grande diversité d'origines. Ajoutons que la défection de beaucoup de groupes de touristes a de quoi les rendre un peu moroses.

Guy fait remarquer aussi que nous étions sans doute les premiers « étrangers » dans le village, et que nous devenions le premier centre d'intérêt des villageois, même s'ils ont continué à vaquer à leurs nombreuses occupations. Cet accueil nous a paru d'autant plus exceptionnel. Et ce paysage de montagne est difficile à égaler, surtout par une grande ville (le palais, assemblage harmonieux de bois et briques rouges, et le musée de Gorkha nous ont cependant beaucoup plu)