Beaucoup de taches bleues et grises en descendant, toujours en fanfare, vers Swaragaon. Les bâches des tahora, et à gauche, trois taches jaunes plus petites; ce sont nos tentes qui sont déjà prêtes.

Nous avons deux porteurs, Khrisna et Nirmal, pour les tentes et la cuisine. Sailendra nous a dit que Tula est très fier de son village, des maisons, gha
à double toit, de style gurung. Auparavant, ces toits étaient recouverts de belles lauzes de schiste de plus d'un cm d'épaisseur; leur poids a entraîné la chute de la toiture. Elles sont là, bien rangées au pied des murs.

Nous passons à nouveau sous le dai fleuri de bienvenue, toujours en musique; quatre petites princesses en costume rouge nous accueillent.

Musique et quelques pas de danse; il y a toujours un spécialiste bondissant dans le groupe, qui tourne et tourne, avec beaucoup d'aisance.

Au moment du thé, une femme accompagnée d'un homme plus jeune tenant une canne, vient nous offrir les traditionnels colliers de fleurs. Il se présente dans un anglais parfait: c'est Chhitij Ale Magar. Comme plusieurs membres de sa famille, il est atteint de cécité, sans qu'aucune explication réelle soit donnée, nous dit-il.

Chhitij est très heureux de nous rencontrer; nous le retrouvons le lendemain devant ses élèves: il est professeur, de braille, et d'autres disciplines, dans l'établissement.

Nous partons faire un tour dans le village que nous traversons pour arriver chez Tula. C'est une grande maison, au toit recouvert de bâches. Il a pu financer la reconstruction d'une partie des murs et reposer la charpente pour la recouvrir de ces bâches bleues que l'on voit partout.

Rencontre avec un jeune Américain qui nous dit être membre d'une ONG. Ils sont une douzaine qui remontent des pierres pour reconstruire les muretins. Nous apprenons que c'est une église qui les a envoyés pour faire le tour des villages. Nous avons été plutôt choqués par ces "missionnaires".

Soirée tranquille: dhal bat à côté des tentes. On discute pour préparer la réunion de demain au collège, et parler d'un possible emplacement pour la construction, ce qui n'est pas simple car les terrains plats de taille suffisante sont rares; de plus, il y a d'autres projets en cours, pour les aveugles, pour les orphelins et sans parler du problème de la propriété.