Wrac'h au Népal

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dimanche 7 février 2016

Conférence "reconstruire le Népal"

"un cinéma différent", à Lannilis, le 26 février
Reconstruire le Népal
: Un film réalisé pendant notre mission d'évaluation, dans la zone du Népal la plus proche de l'épicentre du séisme.
Ou comment la vie a repris dans les villages de montagne.

par Guy DELAUNAY
le vendredi 26/02, à 20h30, Théâtre "nuits de noces", à Lannilis
Prix libre

vendredi 22 janvier 2016

Premières actions dans les villages

Ashok et son équipe nous ont fait parvenir un nouveau message:

"Concernant le financement des abris, nous avons acheté 80 couettes (édredons) bien chaudes en coton et les avons distribuées à chaque famille des villages de Bandelgund, Deurali et Thanti, ce qui leur a fait très plaisir.

            Pour ce qui est de l’acquisition d’un terrain pour la construction de l’auberge (L’internat), Tula a réussi à trouver un endroit qui conviendrait. Il me demande désormais si nous devons l’acheter ? Qu’en pensez-vous ? Devons nous Devons nous contacter le propriétaire et essayer de négocier le prix, définir la surface exacte, et si nécessaire verser des arrhes afin de bloquer la vente du terrain, ou pensez vous que cela est encore trop tôt ? Merci de me faire connaître votre décision afin que nous puissions faire le nécessaire."

Nous avons donné notre accord, et attendons maintenant les propositions pour le terrain, ainsi que des précisions pour l'organisation des prochaines visites.

mercredi 13 janvier 2016

Loto le 13 février, Lannilis

L'association organise, le samedi 13 février, un grand LOTO à LANNILIS, salle Kergroas.

Nombreux lots, bingo, petit train etc.

Pour nous aider à reconstruire et bâtir pour les enfants du Népal, venez nombreux!

lundi 11 janvier 2016

Conseil d'administration du 10 janvier 2016

Consultation réservée aux membres de l'association :

CRCA_du_10_janvier_2016.pdf

lundi 21 décembre 2015

Instants de chaleur et de convivialité

Marché de Noël à l'UCPA de l'Aber Wrac'h

L'association Wrach au Népal tient à remercier Nana, du Brennick Ti Labour, et l'UCPA pour leur invitation à participer au Marché de Noël qui s'est tenu les 19 et 20 décembre.

Merci encore à tous les visiteurs qui ont fait un geste pour notre association. Notre stand proposait diverses productions de l'artisanat népalais que nous avions rapportées de notre dernière mission au Népal. Les nombreux dons et les achats serviront en totalité à notre projet en cours.
Nous avons noué des contacts amicaux et chaleureux avec les visiteurs. Beaucoup sont venus nous voir à la suite de la parution d'un bel article paru le matin même dans les pages du Télégramme de Brest, que nous remercions aussi au passage.

Bien que les événements dramatiques qui ont secoué le Népal en début d'année semblent déjà lointains pour beaucoup, nous avons ressenti pendant ces deux jours un magnifique élan de solidarité. Un élan qui renforce notre détermination à réaliser nos objectifs.
Nous sommes encore loin d'atteindre les sommes requises pour le financement du projet, mais nous avons maintenant la certitude d'y arriver.
MERCI A TOUS !

Appel aux dons (Le Télégramme)

Un bien bel article dans les pages du Télégramme (dimanche 20 décembre 2015).

Notre petite et jeune association est heureuse, et fière, du soutien qui lui est apporté. Ce qui accroit notre motivation et la détermination à faire réussir ce projet dans les villages.

Merci à eux!

jeudi 17 décembre 2015

Marché de noël à l'Aber Wrach

L'association Wrac'h au Népal sera présente au marché de noël organisé par le Brennik Ti Labour, dans les locaux de l'UCPA, les samedi 19 et dimanche 20 décembre 2015.

Nous proposerons pour notre part des créations artisanales (produits du commerce équitable) acquises lors du dernier voyage de membres de l'association au Népal-novembre 2015 voir ci-dessous-.

vendredi 11 décembre 2015

Organisations : religions et NGO (ONG)

Népal et religions

Nous avions tous lu que la populations népalaise était constituée d'hindouistes et de bouddhistes, les autres religions ne représentant qu'une part infime (2 à 3 % pour chacun des cultes musulman et chrétien par exemple).

Nous avons été assez surpris, lors de notre arrivée à Deurali, de voir une petite fille qui portait un pendentif en forme de croix. Un peu plus haut, les enfants de l'école qui nous ont si bien accueillis étaient rangés devant le mur de tôle d'une assez grande bâtisse, ornée d'une croix scotchée sur une partie de ce mur.

L'estrade couverte d'une bâche qui accueillait les réunions et servait aussi de lieu de restauration se trouve juste au-delà du portique fleuri, sur l'esplanade au-dessus des collines.

Britta Man (le chef du village, qui nous a accueillis) nous a expliqué que le village comptait plus d'une centaine de chrétiens, sur environ 360 habitants, les premiers convertis l'ayant été il ya une vingtaine d'années. Mon Bahadur nous a été présenté comme le pasteur (protestant, avons nous pensé. Mais c'est un terme semble t il employé de manière générique ici).

* Man = grand et Bahadur= fort

Ashok nous a confirmé que le Népal est un pays laïc, contrairement à ce que souhaitait son grand voisin indien (et une partie conservatrice des politiques qui souhaitaient que le caractère hindouiste figure dans la nouvelle constitution). Cependant, selon Sailendra, les statistiques fournies datent vraiment, et tous deux pensent que les chrétiens sont plus nombreux.

Organisations religieuses et missions

Ils citaient les églises américaines, riches et très actives, qui interviennent surtout dans les régions isolées et pauvres, les milieux de basses castes, un peu à l'image de la zone que nous avons visitée. C'était sans doute le cas du groupe que nous avons rencontré un peu plus loin, à Swaragaon : nous prenions un thé sous la véranda de la maison de Tula

Ce jeune homme, qui s'est invité à notre table , s'est présenté à nous, et a accepté sans autre façon le thé qui lui était proposé par Vichnou, l'épouse de Tula. Nous lui avons quand même présenté celui-ci, qui venait d'arriver, il s'est contenté d'un acquiescement. Il venait du Texas, avait effectué le tour du Manaslu avec sa « NGO » nous a t-il dit : lui et 12 autres jeunes étaient accompagnés (encadrés?) par une ou 2 personnes que nous n'avons pas rencontrées, ils ont visité des villages et écoles et ont apporté leur aide ponctuellement, selon notre visiteur texan. Nous les avons vus au travail, ils faisaient la chaîne et déplaçaient un tas de pierres (lauzes tombées lors du séisme) pour reconstruire un muretin.

Cette rencontre nous a laissé un sentiment de gène : amener ainsi un groupe dans ce pays meurtri, pour parcourir un circuit et « donner un coup de main de temps en temps » nous paraissait très superficiel, à moins d'avoir d'autres intentions… Ce qui serait assez navrant.

De nombreuses communautés seraient ainsi converties. Certes, le peuple népalais est souvent cité pour sa capacité à s'adapter et absorber les nouveaux venus, ou les nouveautés. De l'autre côté de la frontière, le parti de M. Modi souhaite transformer l'Inde en pays hindouiste. On peut être un peu inquiet, dans une région qui était restée à l'écart de ces conflits religieux, la Birmanie glissant aussi vers la ségrégation.

Nos hôtes nous ont cependant précisé que l'augmentation du nombre de chrétiens dans ces villages s'accompagnait d'une baisse de la consommation d'alcool et de la violence, surtout celle faites aux femmes.

C'est effectivement l'une des demandes portées par les représentantes du comité des femmes, Jhul Maya, Juthe Thapa (toutes 2 Magar) et Sansari (Gurung) lors d'une des réunions à Deurali.

Activités des "NGO"

A Swaragaon, d'autres organisations aux buts bien définis oeuvrent déjà depuis quelques temps, en construisant une maison pour accueillir les malvoyants, certains membres de l'ethnie Magar étant surtout touchés à divers degrés. C'est un Népalais qui est à l'origine de l'association Newa.

Ou en réalisant, au-dessus de l'école, un bâtiment destiné aux orphelins et enfants de familles très pauvres.

Là, il s'agit d'une association autrichienne. Dans le bus qui nous conduisait de Katmandou à Arkhet, voyageaient aussi 4 grosses et lourdes batteries solaires. Nous les avons retrouvées dans un bâtiment provisoire près de ce chantier. Le souvenir de l'effort fourni par l'aide-conducteur pour les entasser dans le couloir centra, laisse à penser que le transport a été effectué par mules pour les 3h d'escalade vers le village. Au matin de notre dernière journée, nous avons vu monter 2 trekkers, par ce même chemin : un couple d'Allemands, de Bavière ont ils dit, qu venaient mettre en place ce matériel, après avoir effectué unn trek dans les Annapurna. Leur voyage leur permettait d'associer loisir et aide à leur asso, ils ne s'en cachaient pas.

Plus haut, ce sont les rotations des hélicos du PAM (Programme Alimentaire Mondial) qui livrent sans doute du riz. Nous avons assisté aussi à des distributions par l'UNICEF, Save The Children (tôles etc.). Le district (la région) a distribué de nombreuses bâches bleues, celles de l'UNICEF sont blanches, il ya aussi des oranges. Dommage qu'il manque les fils de nylon, ou cordes solides pour arrimer tout cela. Le vent de mars risque d'en arracher une partie.

Parfois, sur les pistes où cahote le bus, on croise des 4X4 siglés UN, et à Gorkha, nous avons vu un superbe SUV bien clinquant, qui fait douter du message qu'il affiche.

Nous avons eu beaucoup d'infos à propos de nombreuses initiatives, anciennes ou récentes, individuelles ou menées par de petites ou grosses associations.

À nous d'apporter notre pierre, ou plutôt celles qui sont déjà là (coût du transport de matériaux), pour mener ces projets.

Constitution, blocage et vie quotidienne

Blocage et vie quotidienne

Toujours beaucoup de monde dans les rues commerçantes de Katmandou, peu de touristes, mais beaucoup plus de bicyclettes qu'auaparavant, que l'on a ressorties il y a peu pour certaines, c'est assez évident.

On croise aussi des gens qui portent des « doko » (paniers) remplis de bois pour la cuisine.

Plusieurs restaurants et gargottes ont tiré leurs rideaux, d'autres proposent des cartes très réduites, étonnamment même ceux qui accueillent habituellement une clientèle étrangère. Des magasins ont aussi fermé, sans doute pour ne pas assurer le coût de la production d'électricité par un générateur.

Quand celui-ci tourne (pas discrètement), encore faut-il trouver le carburant ! Ça ferme aussi parce que la saison, déjà peu brillante (60 % de baisse) est quasi terminée.

Les rues sont moins bruyantes, on ne croise quasiment que des taxis et des motos qui ont réussi à faire le plein (au marché noir peut-être, qui enrichit sans doute quelques personnages bien placés ou politiques). Dans les familles, on se relaie pour, dans les longues files d'attente, rapprocher un véhicule de la station qui va fournir, peut-être, un peu du précieux liquide.

Bisuli oina : pas d'électricité à l'hôtel de 11h à 17h, c'est le groupe qui assure ensuite. Les longues coupures s'expliquent aussi par le fait que la mousson a été clémente : « peu » d'eau, donc éboulements pas trop graves, mais en contrepartie cela affecte la production d'électricité pour la vallée de Katmandou, qui utilise les cours d'eau… Le lit de la Basmathi est quasi vide par rapport à l'année dernière.

Tout le monde semble d'en accommoder, la pénurie de matériaux (ciment, ferraille etc.) et de médicaments est plus pénalisante. Le gouvernement a commencé à faire venir ceux-ci par avion.

Népal et Inde

Il dure depuis plusieurs mois.

Sailendra nous rappelait que le Népal était autrefois un état puissant dans la région. Nous avons visité le palais et le musée de Gorkha, qui met en scène l'unification du pays par la dynastie Shah, auX 18ème et 19ème siècle. Le Népal dominait alors les différents royaumes indiens, une princesse népalaise pouvait épouser l'empereur de Chine.

L'Inde est maintenant le puissant voisin, qui joue le rôle du « big brother » (dixit Modi dans la presse), c'est-à-dire le frère aîné qui tient la main de son petit frère népalais… très fermement !

Le changement de majorité, et de gouvernement à Katmandou, et la nouvelle constitution, dont l'après-séisme semble avoir accélérer la rédaction, ont fait froncer le sourcil au grand frère. Ce texte est indispensable pour réorganiser le territoire (pas d'élections depuis 15 ans), distribuer les subsides et lancer la reconstruction. Des donateurs et organismes (UNESCO par exemple) attendent un programme de gestion et distribution du gouvernement.

Constitution et opposants

Cette nouvelle constitution trace les contours d'un état fédéral, composé de « zones » (nous dirions provinces), chacune pratiquement ayant une frontière avec les 2 grands voisins au nord et au sud, même si elles ne sont pas accessibles ou franchissables. Elles ont des compositions ethniques variées, sans parler de la division de la population en castes, les hautes castes étant sur-représentées dans certaines zones,  et les basses castes dans d'autres.

La constitution et les différentes opinions, vus par la BBC

Des cartes, sur le site du consulat du Népal (celles d'avant)

Or 3 des régions actuelles au sud du pays, avant cette refonte, qui ont une frontière commune, très utilisée, avec l'Inde sont certes peuplées de plusieurs ethnies, comme la plupart des régions. Cependant les Madhesi représentent plus de 30 % de cette population et s'estiment lésés par ce nouveau découpage, et par la baisse de représentation des basses castes dans le nouveau parlement, ainsi que la réaffirmation du droit du sang pour les nouveaux nés. Et leurs dirigeants sont assez proches de ceux de l'Inde voisine.

Leurs objectifs: plus de représentativité par exemple dans une zone horizontale accolée à l'Inde, là où passent tous les camions, ce que ne veulent surtout pas les membres de la coalition au pouvoir au Népal, qui craignent, sans doute à juste titre, la main mise de l'Inde sur toute cette région par laquelle transitent presque toutes les marchandises, dont carburant, matériaux et matériels divers, nourriture etc..

Les opposants madhesis bloquent le passage à la frontière, le gouvernement indien les soutient implicitement (et les reçoit à Delhi) en lassant passer les camions au compte-goutte. Ceci depuis 3 mois. L'économie népalaise est asphyxiée, la vie quotidienne devient un parcours du combattant, surtout dans les villes pour l'instant. La plupart sont privés de comburant pour la cuisine, de carburant pour les véhicules.

Aucun accord n'est en vue, les représentants des madhésis refusant régulièrement de rencontrer les autres partis au pouvoir. Blocage total : sans constitution, pas de d'organisation, pas de dons, pas de reconstruction, et plus de matériaux, de ciment etc.

Si on y ajoute les conséquences du séisme, le retrait des touristes, l'arrêt de la production et des exportations, le développement du marché noir, cela fait beaucoup. Et pourtant nos hôtes népalais font preuve d'une énergie et d'une foi dans l'avenir assez incroyable : ici, on ne se plaint pas, a-t-on entendu, et la roue va tourner.

mardi 8 décembre 2015

Education et choix

Durant ces quelques jours, nous avons échangé avec beaucoup de gens dans les villages , et animé des réunions auxquelles ont participé la plupart des personnes concernées par le thème de l'éducation.

Les besoins recensés sont clairement la reconstruction de l'école de Deurali-Bandelgund (mais aussi celle de Thanti, encore plus mal lotie), l'amélioration des conditions d'enseignement, pour l'enseignant comme pour les élèves (nos quelques cahiers ou stylos sont un peu dérisoires en la circonstance), et la mise en place d'un hébergement dans le village de Swaragaon pour la poursuite des études au-delà de la classe 4 (9 ans dans les conditions normales de scolarité).

Les débats au village ont certes soulevé les 2 premiers problèmes, mais le dernier projet a aussi obtenu l'aval de tous : la reconstruction n'est pas à l'ordre du jour pour notre association (directives gouvernementales en attente, programme UNESCO..), même si l'on peut apporter quelques améliorations à l'installation actuelle.

Quelques élèves prennent quotidiennement le chemin du village à Swaragaon, et retour, mais les éboulements et effondrements le rendent encore moins praticable, même en cette saison sèche, nous avons pu vérifier que c'était une véritable épreuve (et nous avons seulement testé la descente…).

Les chefs du village préparent le chevreau, avant la réunion...

La rencontre au collège de Swaragaon à laquelle participaient le principal et l'intendant (nous avons discuté avec les enseignants ensuite) a abouti à la même conclusion, ce sont d'ailleurs eux-mêmes qui nous ont proposé immédiatement l'idée d'un hébergement pour les élèves des villages éloignés. Ils soulignent la nécessité d'améliorer les conditions d'enseignement dans ces écoles distantes, avec lesquelles ils sont en relation et à qui ils apportent quelques soutiens en matériel, bien qu'ils soient eux-mêmes assez mal pourvus.

Le bilan réalisé à notre retour à Katmandou aboutit au même consensus. Nous avons tenté, Ashok, Sailendra et nous trois, de recenser les ressources (personnes compétentes, outillage, forêt communale etc.), définir l'organisation localement (comité de pîlotage, contact pour notre association, responsables des chantiers), évaluer les modes de construction compatibles : nous avons pu visiter 2 chantiers en cours dans Swaragaon (quantité relativement importante de béton et ferraille), et avons appris par exemple que le coût du transport de 3 litres de sable (de rivière) était de 40 roupies (40c), que la situation actuelle (reconstruction, blocus) a fait grimper le coût des matériaux etc.

Vers 11h, Ashok prend son mobile et nous annonce quelques secondes plus tard que nous avons rendez-vous à 14h 30 avec le cousin architecte de Sailendra, bon connaisseur du problème.

Effectivement, puisque Rupendra1 prend son portable et ouvre une présentation qui s'avère être celle qu'il a préparée pour le gouvernement en tant que conseil, et nous le voyons également en position de formateur sur des chantiers. Pour nous, c'est un peu irréel !

Il va pourtant nous consacrer 3 heures, en proposant une technique de construction anti-sismique adaptée, qui utilise au maximum les ressources locales (bois, pierre…) pour éviter les coûts d'achat de matériau et de portage, tout en conservant le principe du chaînage, ou ceinturage vertical et horizontale, la masse globale des murs étant répartie en couches indépendantes. Et surtout en privilégiant la solidité des liaisons. Il nous a même donné une copie de sa présentation, avant de passer à la photo souvenir.

Il nous reste à travailler sur ce modèle de construction.


lundi 7 décembre 2015

Deurali-Bandelgund


Deurali-Bandelgund, puisque c'est en fait un seul village, composé de plusieurs groupes d'habitations sur plusieurs centaines de mètres de dénivelé.



Nous avons tous trois eu l'impression d'avoir quitté ces villages pour un autre monde. Là-bas, une harmonie, un calme, là où pourtant chacun s'active à longueur de journée, à l'image de Santari :
elle s'occupe des ses enfants, de son petit commerce (l'épicerie du village), puis mène son troupeau (vaches, bœufs, chèvres) sur les terrasses. Et toujours avec un grand sourire, une envie incroyable de communiquer, par des gestes, des mots qu'elle veut nous inculquer. Et elle est très convaincante. Elle nous a mimé ce 25 avril, lorsque le séisme l'a surprise dans la maison, le bruit, la panique, c'était saisissant!

La plupart des villageois sont à cette image, affichent une belle prestance et s'activent tranquillement : il faut dire que l'on grimpe et porte à longueur de journée. Suk Bahadur, ancien chef du comité scolaire du village de Deurali-Bandelgund, en est un autre exemple :il nous a accompagnés une partie du parcours (abrupt) menant à son village. Il portait avec aisance une charge de près de 20 kg dans son « doko » (panier de bambou). Il nous a dit ensuite avoir 72 ans. Son successeur, également chef du village, est Brittaman Gurung, c'est aussi un personnage très affable, toujours prêt à plaisanter et surtout doté d'une énergie qui semble inépuisable, il nous a pris en charge durant notre présence et ne nous a pas laissé beaucoup de temps libre : pour nous montrer l'importance du moulin à farine, il nous a précisé que c'étaient les femmes qui assuraient cette tâche, toujours le soir après les travaux des champs, la cuisine, et il nous a remarquablement mimé la femme qui tourne le manche de la meule pour écraser les grains de maïs ou millet, et qui, de fatigue, vient cogner ce manche de son front.

Tous ont participé aux différents débats, sans oublier les chants et danses.

Le retour en «bus local » vers la ville (Gorkha) n'a pas tout à fait rompu le charme, car même à 60 pour 24 sièges (petits…), dans les cahots et les virages incessants, pendant 5 heures, c'est la courtoisie et le sourire qui s'imposent.

Cette gentillesse existe aussi à Gorkha ou Pokhara, elle est cependant moins évidente dans la cohue, les difficultés causées par les conséquences du séisme, et surtout du blocus à la frontière indienne, manque de carburant (véhicules mais aussi cuisine), d'énergie. Nous avons vu, dans les villes traversées, beaucoup d'arbres coupés, que des gens débitaient pour les ramener à leur domicile, pour pouvoir se préparer un repas.

L'influence de la ville se ressent dans l'habillement, le noir et le gris prenant le pas sur les rouges, orange, parme ou jaunes que portent les villageoises surtout.

Physiquement, les citadins nous semblent avoir perdu la sveltesse de leurs voisins des montagnes, il faut cependant signaler que les communautés montagnardes sont constituées des ethnies gurung et magar, alors que les habitants des villes offrent une plus grande diversité d'origines. Ajoutons que la défection de beaucoup de groupes de touristes a de quoi les rendre un peu moroses.

Guy fait remarquer aussi que nous étions sans doute les premiers « étrangers » dans le village, et que nous devenions le premier centre d'intérêt des villageois, même s'ils ont continué à vaquer à leurs nombreuses occupations. Cet accueil nous a paru d'autant plus exceptionnel. Et ce paysage de montagne est difficile à égaler, surtout par une grande ville (le palais, assemblage harmonieux de bois et briques rouges, et le musée de Gorkha nous ont cependant beaucoup plu)

samedi 5 décembre 2015

Retour à la (pseudo) civilisation

Arrivée à Pokhora, ville très différente du souvenir que Guy en avait gardé. Elle semble être devenue une sorte de Bodrum!
En plus, le temps y est très couvert et on ne voit même pas la queue des Annapurna!

Beaucoup de coupures d'électricité(= bisuli chaina).

Les gens ont du mal à faire cuire leur nourriture car ils manquent de gaz, y compris dans les restaurants.

Il n'y a pas beaucoup de bruit dans les rues mais d'énormes queues de véhicules aux rares stations d'essence qui proposent quelques litres.

On se demande bien comment ils tiennent, et si ce blocus peut se terminer.

Quoiqu'il en soit, les sourires sont toujours là..., pour le moment.


vendredi 4 décembre 2015

Voyage d'un vilbrequin, de Bohars à Swaragaon

Petit déjeuner chez Tula. Puis visite aux chantiers en cours dans le village, avant de grimper en haut de la colline, au-dessus de l'école. La vue est plongeante sur le village.

Après le repas et avant le départ, nous prenons le temps de montrer le fonctionnement du vilebrequin offert par Claude, qui le tenait de son père. Le destinataire en aura l'usage car c'est lui qui dirige la partie bois du bâtiment prévu pour les orphelins.

Encore un au revoir émouvant, en fanfare, avec les colliers de fleurs des enfants du collège.

Descente vers Arkhet et encore beaucoup de ruines, comme celles de l'école de Thumi; ses 700 élèves sont désormais logés dans un hangar de tôles

Jusqu'au territoire de Tula

Beaucoup de taches bleues et grises en descendant, toujours en fanfare, vers Swaragaon. Les bâches des tahora, et à gauche, trois taches jaunes plus petites; ce sont nos tentes qui sont déjà prêtes.

Nous avons deux porteurs, Khrisna et Nirmal, pour les tentes et la cuisine. Sailendra nous a dit que Tula est très fier de son village, des maisons, gha
à double toit, de style gurung. Auparavant, ces toits étaient recouverts de belles lauzes de schiste de plus d'un cm d'épaisseur; leur poids a entraîné la chute de la toiture. Elles sont là, bien rangées au pied des murs.

Nous passons à nouveau sous le dai fleuri de bienvenue, toujours en musique; quatre petites princesses en costume rouge nous accueillent.

Musique et quelques pas de danse; il y a toujours un spécialiste bondissant dans le groupe, qui tourne et tourne, avec beaucoup d'aisance.

Au moment du thé, une femme accompagnée d'un homme plus jeune tenant une canne, vient nous offrir les traditionnels colliers de fleurs. Il se présente dans un anglais parfait: c'est Chhitij Ale Magar. Comme plusieurs membres de sa famille, il est atteint de cécité, sans qu'aucune explication réelle soit donnée, nous dit-il.

Chhitij est très heureux de nous rencontrer; nous le retrouvons le lendemain devant ses élèves: il est professeur, de braille, et d'autres disciplines, dans l'établissement.

Nous partons faire un tour dans le village que nous traversons pour arriver chez Tula. C'est une grande maison, au toit recouvert de bâches. Il a pu financer la reconstruction d'une partie des murs et reposer la charpente pour la recouvrir de ces bâches bleues que l'on voit partout.

Rencontre avec un jeune Américain qui nous dit être membre d'une ONG. Ils sont une douzaine qui remontent des pierres pour reconstruire les muretins. Nous apprenons que c'est une église qui les a envoyés pour faire le tour des villages. Nous avons été plutôt choqués par ces "missionnaires".

Soirée tranquille: dhal bat à côté des tentes. On discute pour préparer la réunion de demain au collège, et parler d'un possible emplacement pour la construction, ce qui n'est pas simple car les terrains plats de taille suffisante sont rares; de plus, il y a d'autres projets en cours, pour les aveugles, pour les orphelins et sans parler du problème de la propriété.

jeudi 3 décembre 2015

Des ruines à l'accueil en fanfare

"Nous avons repris nos sacs et sommes montés 5 ou 600m plus haut, vers le village de Thanti. Il y avait 18 maisons; elles sont toutes en ruines. Sauf une, de manière incroyable

Tout le village vit dans des "tohora", des cabanes provisoires faites de branches, tôles et bâches.

L'école, ce sont quelques tôles rafistolées, c'est tout. C'est assez terrible.

Les enfants de cette école vont aussi à Swaragaon, à 2 heures de marche. Après la distribution bien dérisoire de petits matériels que nous avons apportés, nous allons nous rendre compte de ce que représente cette épreuve.

Nous partons vers midi et descendons vers la vallée. On voit un énorme éboulis qu'il nous faut contourner pour retrouver notre chemin. Puis la rivière, mais le pont a été emporté. C'est plutôt glissant, alors on imagine comment ça peut être pendant la mousson!

Un casse-croûte après ce passage et nous remontons pour passer de l'autre côté de la montagne.

Et là, au détour du chemin, une fanfare nous accueille, perchée sur un promontoire qui domine le village de Swaragaon.

C'est dans ce village que se trouve la maison de Tula"

Pour mémoire,Tula était le guide du trek de 15 jours que notre groupe de 13 Finistériens + 1 Berlinoise a effectué dans ces contrées en novembre 2014, avant le séisme donc.

Nous qui n'avons pas la chance de faire ce voyage cette année et qui jalousons nos baroudeurs, imaginons parfaitement le sourire et la fierté de Tula ainsi que l'accueil chaleureux des villageois.

Visites, palabres et projets

Quelques nouvelles de nos baroudeurs préférés

Toujours pas de wifi et donc seulement des informations par des sms

"Deux jours très riches entre Deurali et Bandelgund, pas mal de palabres avec le chef du village, le "chairman' de l'école, la représentante du comité des femmes et de petites ou grandes assemblées.

Dans la journée, on a beaucoup visité les différentes parties des villages; ça monte et ça descend beaucoup!

Le soir, réunion suivie de chants et danses, avec une assistance nombreuse car il n'y a quasiment pas eu de fêtes depuis le séisme.

Le projet de pension, dans le village de Swaragaon convient à tous.

Les femmes ont aussi présenté des demandes précises, un moulin à grain par exemple. Ce débat a été très intéressant

Beaucoup d'émotion lors du départ"

lundi 30 novembre 2015

A la découverte de Deurali et Bandelgund

Une fois éloignés de Katmandou, pas d’accès Internet. Nous ne pouvons donc communiquer que de façon succincte par sms, grâce à une carte téléphonique népalaise.

Voici les nouvelles du jour :

« Venons d'arriver à Deurali. Dure la pente! Mais quel accueil! Le village, les enfants de l'école, plein de colliers de fleurs. Très émouvant.
10 mn jusqu'à Bandelgund, un peu plus bas, en passant à côté de l'école.
C'est fini, mais des enfants partout qui m'ont écrit leurs noms
Là, thé à Deurali, au bistrot:-).


De Arkhet Bazar à Deurali, 6h de marche, dont 1000m de dénivelé en 3 heures. Mais superbes paysages et accueil extraordinaire des enfants, du village.
Avons rencontré pas mal de gens. Ce soir réunion à 8h avec les chefs des 2 villages; ils vont nous expliquer leurs attentes.
L'école finit à 15h30. La journée d'école, c'est de 10h à 13h15 puis de 14h à 15h30".

On finit le repas avec les deux chefs avant la réunion (festive je crois), de 20h à 21h30 »

vendredi 27 novembre 2015

Voyage et communications

Pas d'évolution quant à la situation, le blocus non officiel, mais réel de l'Inde commence à poser de gros problèmes, tant médicalement (produits qui n'arrivent pas) qu'économiquement. Des incidents aussi à la frontière.

Difficile de trouver du carburant, qui est très cher : nous partons demain à 7h par le bus local, jusqu'à Arkhet Bazar (6h de route, car il n'y a pas beaucoup de circulation).

Nous ne savons pas ce que seront les moyens de locomotion et de communication ensuite. Retour prévu le jeudi 3 sans doute... Peut-être quelques infos par mobile (carte locale).

Nous attendons le départ, et tournons un peu en rond dans Katmandou. Nous avons visité le "Garden of  dreams du Kaiser", une oasis de tranquillité dans le bruit de la ville.

Le bambou "bidon de Bouddha"

Pour patienter, essayez donc de répondre à cette question :
Pourquoi a-t-on suspendu de petits sachets pleins d'eau à chaque angle de ce petit restau? Très sympa d'ailleurs ce restau, des pâtes népalaises excellentes, et bien moins chères qu'à la pizzeria!

jeudi 26 novembre 2015

Argumentaire et contradictions

Titre proposé par Andrée, dans les commentaires, après "Approche des coopérations possibles."

Rencontre à nouveau dans les bureaux d’Ashok en fin de matinée, pour lui faire part de nos réflexions, et parler de l’organisation du voyage en fin de semaine. Il adhère sans problème, le fait que nous préférions viser moins grand (10 à 15 places, ce qui correspond au nombre d’élèves de la classe 3 à Deurali-Bandelgund, pour ceux qui ont suivi) et à plus long terme : nous avons aussi envisagé une extension, sur chantier comprenant des voyageurs bénévoles, venus pour un trek ou non. Ashok nous a cité d’autres associations, engagées depuis de nombreuses années, bénéficiant de fonds importants , qui fonctionnent comme cela.

Nous avons aussi discuté des matériaux, des techniques de construction, de la prise en compte de la résistance aux séismes. Nous verrons sans doute un ingénieur au fait de ces problèmes à notre retour des villages.

Puis déambulation dans les ruelles de Thamel, jusqu’à Durbar Square, et retrouvailles avec nos marchands de flûte et charanghi, que l’on voit chaque jour sur le chemin vers le bureau. Des commerces étranges, dont une poissboucherie...


On fait aussi avaler un tas de trucs bizarres à Christian.

Une commerçante fort sympathique, et d'excellentes galettes aux lentilles.

et des samoussa aux pois chiches. On va devoir céder sur le steack frites, sous peine de rapatriement pour inanition!

mercredi 25 novembre 2015

Villages voisins et scolarisation

Le village est en fait 2 villages, séparés d’un quart d’heure de marche environ : Deurali et Bandelgund, respectivement 195 et 180 habitants, une soixantaine de maisons (avant le séisme...),

29 enfants fréquentant l’école (publique) commune aux 2 villages , une école primaire jusqu'à la classe 3 (8-9 ans, car ici l'école primaire (obligatoire et gratuite depuis 1975, mais c'est très difficile dans les villages), ce sont les classes de 1 à 5.
Le secondaire 1er niveau, ce sont les classes 6,7 et 8.

Une douzaine d’enfants continuent leur scolarité dans le village de Swaragaon (où habite Tula). Cette école ou collège (public) permet de scolariser jusqu’à la classe 8. L’objectif c’est d’augmenter ce nombre.

Ces villages sont habités par les ethnies Magar et Gurung, et Sailendra (qui les a visités à la fin de la mousson, en septembre) les décrit comme une communauté rurale active, dont "pas un champ n'est vide", alors que beaucoup des "jeunes" (comprendre mâles de 16 à 40 ans) travaillent pour le tourisme dans d'autres régions ou certains à l'étranger.

L’école de Swaragaon peut accueillir d’autres élèves.

Nous allons donc visiter ces villages, discuter avec les habitants, puis redescendre vers Swaragaon pour y rencontrer les différents partenaires potentiels : le comité de management de l'école, les "youth comitee" et "mother comitee" ...

Aujurd'hui, nous avons travaillé sur la construction de cette "pension".

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